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Loi 25 : la sécurité des renseignements personnels dans votre informatique
La Loi 25 a renforcé les obligations des entreprises québécoises en matière de renseignements personnels. Derrière ces obligations se posent des questions informatiques très concrètes : qui peut accéder à quoi, ce qui est journalisé, où les données sont hébergées et comment réagir à un incident.
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La Loi 25 en bref
La Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels, dite Loi 25, a été adoptée en 2021. Elle modifie notamment la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, qui encadre la façon dont les entreprises exerçant au Québec traitent les renseignements personnels. Ses dispositions sont entrées en vigueur en trois temps : le 22 septembre 2022 (responsable de la protection, incidents de confidentialité), le 22 septembre 2023 (la plupart des autres obligations, dont les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée) et le 22 septembre 2024 (droit à la portabilité). La Commission d’accès à l’information (CAI) veille à son application ; elle peut imposer des sanctions administratives pécuniaires, en plus des poursuites pénales.
La loi n’est pas une norme informatique et n’impose aucun produit. Mais plusieurs de ses obligations ne peuvent être tenues sans les bonnes mesures techniques, et c’est là qu’intervient un prestataire informatique. Cette page présente ces obligations du point de vue de votre système d’information. Elle ne constitue pas un conseil juridique : pour l’interprétation de la loi, adressez-vous à votre conseiller juridique ou aux publications de la CAI.
Un responsable, des politiques, des mesures de sécurité
Dans une entreprise, la personne ayant la plus haute autorité est par défaut responsable de la protection des renseignements personnels. Elle peut déléguer cette fonction par écrit, en tout ou en partie, à une personne ; le titre et les coordonnées du responsable sont publiés sur le site Internet de l’entreprise. Ce responsable reçoit notamment les avis de ses prestataires en cas de violation des obligations de confidentialité.
La loi demande des mesures de sécurité raisonnables compte tenu de la sensibilité des renseignements, de leur finalité, de leur quantité, de leur répartition et de leur support. La CAI en donne des exemples en trois familles :
administratives : politiques à jour, formation du personnel, accès réservé aux personnes dont les fonctions l’exigent ;
physiques : contrôle de l’accès aux bureaux, aux salles de serveurs et aux classeurs ;
techniques : identifiants et mots de passe forts, chiffrement des communications et des informations stockées, chiffrement des appareils mobiles, coupe-feu, journalisation des accès, mises à jour logicielles et destruction sécuritaire.
Dans une PME sous Windows et Microsoft 365, cela se traduit par des questions très concrètes : reste-t-il des comptes administrateurs inactifs dans Active Directory ? L’authentification multifacteur est-elle imposée à tous ? Les portables sont-ils chiffrés et gérés ? Les sauvegardes existent-elles, sont-elles protégées des comptes qu’elles sauvegardent, et une restauration a-t-elle été testée ? Quelque chose est-il journalisé qui permettrait de savoir, après coup, qui a consulté un fichier ?
Incident de confidentialité : détecter, évaluer, aviser, consigner
Un incident de confidentialité est un accès, une utilisation ou une communication non autorisés d’un renseignement personnel, sa perte ou toute autre atteinte à sa protection : un portable volé, une messagerie compromise, un tableau envoyé au mauvais destinataire.
Face à un incident, l’entreprise prend des mesures raisonnables pour diminuer le risque de préjudice et éviter qu’il se reproduise, puis évalue si le risque de préjudice est sérieux, selon la sensibilité des renseignements, les conséquences appréhendées et la probabilité d’une utilisation préjudiciable. Si c’est le cas, elle avise avec diligence la CAI et les personnes concernées. Dans tous les cas, elle consigne l’incident dans un registre, conservé au moins cinq ans, que la CAI peut demander.
Rien de cela ne fonctionne sans préparation technique. On n’évalue pas un incident qu’on ne voit pas, et on ne peut pas dire quels dossiers ont été exposés si rien n’a été journalisé. Une procédure d’incident, des journaux centralisés et une carte claire de l’endroit où se trouvent les renseignements personnels sont donc souvent les premiers chantiers.
Évaluations, services infonuagiques et communication hors du Québec
Depuis le 22 septembre 2023, une entreprise réalise une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée pour tout projet d’acquisition, de développement ou de refonte d’un système d’information ou de prestation électronique de services impliquant des renseignements personnels. Une migration vers Microsoft 365, une nouvelle application métier ou le passage à des bureaux virtuels peuvent entrer dans cette catégorie.
La même évaluation est exigée avant de communiquer des renseignements personnels à l’extérieur du Québec. Elle tient compte de la sensibilité des renseignements, de la finalité de leur utilisation, des mesures de protection, y compris contractuelles, dont ils bénéficieraient, et du régime juridique de l’État où ils seraient communiqués. La communication peut avoir lieu si l’évaluation démontre une protection adéquate, et elle fait l’objet d’une entente écrite. Pour un prestataire établi en France comme nous, le régime juridique en cause est celui du RGPD, auquel nous sommes soumis.
Lorsqu’un prestataire traite des renseignements personnels pour votre compte, le mandat ou le contrat est confié par écrit et précise les mesures de protection qu’il doit appliquer ; votre entreprise demeure responsable de ces renseignements. L’évaluation vous appartient : nous fournissons les éléments techniques dont elle a besoin, à savoir où sont les données, qui peut y accéder, comment elles sont protégées et ce que le projet change.
Confidentialité par défaut, profilage et portabilité
Trois autres obligations ont des conséquences techniques directes :
Les produits et services technologiques offerts au public doivent assurer par défaut le plus haut niveau de confidentialité, sans aucune intervention de la personne ; cette règle ne vise pas les paramètres de confidentialité des témoins de connexion.
Les fonctions permettant d’identifier, de localiser ou de profiler une personne doivent lui être signalées au préalable, avec les moyens de les activer.
Depuis le 22 septembre 2024, une personne peut demander que les renseignements personnels informatisés recueillis auprès d’elle lui soient communiqués dans un format technologique structuré et couramment utilisé. Vos systèmes doivent pouvoir les exporter.
Sanctions
La CAI peut imposer à une entreprise des sanctions administratives pécuniaires allant jusqu’à 10 millions de dollars ou 2 % de son chiffre d’affaires mondial de l’exercice précédent (art. 90.12). Les amendes pénales vont de 15 000 $ à 25 millions de dollars ou 4 % de ce chiffre d’affaires (art. 91), le montant le plus élevé étant retenu dans les deux cas ; elles sont doublées en cas de récidive.
Ce qu’un prestataire informatique peut prendre en charge
La Loi 25 est d’abord une affaire de gouvernance : le responsable de la protection décide, documente et répond. Nous intervenons sur le volet technique, à distance depuis la France, avec déplacement au Québec possible sur devis :
l’audit Active Directory repère les privilèges excessifs, les comptes inactifs et les délégations fragiles, avec un plan de remédiation priorisé ;
l’audit du système d’information dresse l’état des sauvegardes, du parc, de Microsoft 365, des comptes et des licences, et vous donne une carte de l’endroit où se trouvent les renseignements personnels ;
la mise en place de Microsoft 365 et Intune pose la conformité des postes, le chiffrement BitLocker et l’accès conditionnel ;
la sensibilisation à la cybersécurité forme vos équipes à reconnaître un hameçonnage et à signaler un incident rapidement ;
l’accompagnement RGPD structure le registre des traitements, les politiques et le bandeau cookies, une base documentaire utile pour ce qu’attend la Loi 25.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne remplaçons pas votre responsable de la protection des renseignements personnels, nous ne donnons pas de conseil juridique, nous ne réalisons pas vos évaluations des facteurs relatifs à la vie privée, nous n’avisons pas la CAI à votre place et nous ne garantissons pas une conformité. Nous veillons à ce que les mesures techniques existent, fonctionnent et soient documentées. Pour en parler, contactez-nous ; cette page existe aussi en anglais : Quebec Law 25 and IT security.
Questions fréquentes
La Loi 25 impose-t-elle un logiciel de sécurité précis ?
Non. Elle exige des mesures de sécurité raisonnables compte tenu de la sensibilité, de la finalité, de la quantité, de la répartition et du support des renseignements. Le choix des outils vous appartient ; l’important est que les mesures existent, fonctionnent et puissent être démontrées.
Un tenant Microsoft 365 hébergé hors du Québec pose-t-il problème ?
Pas en soi, mais communiquer des renseignements personnels hors du Québec exige une évaluation préalable démontrant une protection adéquate, et une entente écrite. Nous fournissons les éléments techniques de cette évaluation : lieu des données, chiffrement, accès et journalisation.
Dans quel délai faut-il aviser la Commission d’un incident ?
La loi demande d’aviser avec diligence la Commission et les personnes concernées lorsque l’incident présente un risque de préjudice sérieux. Tous les incidents, même sans risque sérieux, sont consignés dans le registre.
Pouvez-vous tenir notre registre des incidents ou aviser la CAI à notre place ?
Le registre et tout avis restent la responsabilité de votre entreprise. Nous vous aidons à mettre en place la journalisation et la procédure qui permettent de détecter et d’évaluer un incident, et nous documentons les faits techniques lorsqu’il survient.
Qui est responsable de la protection des renseignements personnels dans une PME ?
Par défaut, la personne ayant la plus haute autorité dans l’entreprise. Elle peut déléguer cette fonction par écrit, et le titre et les coordonnées du responsable sont publiés sur le site Internet de l’entreprise.
Un audit informatique suffit-il à respecter la Loi 25 ?
Non. Un audit établit l’état de la sécurité et priorise les mesures ; la conformité repose aussi sur vos politiques, le consentement, les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée et votre organisation, qui relèvent de votre responsabilité.
Sources
Commission d’accès à l’information, principaux changements apportés par la Loi 25
Commission d’accès à l’information, responsable de la protection des renseignements personnels
Commission d’accès à l’information, incidents de confidentialité et mesures de sécurité
Commission d’accès à l’information, utilisation et communication de renseignements personnels
Commission d’accès à l’information, sanctions applicables aux entreprises